samedi 5 juin 2010

CAMPAGNE DE FINANCEMENT 2010




COURRIER DES MISSIONNAIRES
No. 4, Juin 2010


Dieu m’a fait don de la communauté que j’espérais pour grandir, servir et apprendre à aimer. Une communauté ou on trouve de tout. Une communauté ou on voit clair sur les forces et faiblesses de chacun, et ou chacun a sa place


Depuis le 1er février dernier, j’ai officiellement déménagé mes pénates à Chiang Mai. Elizabeth Thai-Binh, la directrice-fondatrice de Wild Flower Home est venue me chercher à la gare. J’étais un peu nerveuse. Voilà un an que je n’avais pas exploité mes compétences d’intervenante sociale. Serais-je à la hauteur? Mon Thaï serait-il assez bon? Est-ce que je comprendrais tous les codes culturels? Si je me mettais beaucoup de pression personnelle, la communauté de femmes qui m’y attendaient m’ont chaleureusement accueillie et ont su me mettre à l’aise. Elles ont su s’adapter à mon thaï maladroit, mes erreurs de prononciation, le fait que je ne les comprenais pas du premier coup alors qu’elles me faisaient de grandes confidences. Dans mon dernier courrier, je vous écrivais que la maison Wild Flower est un foyer pour mères célibataires enceintes, mais en fait, c’est beaucoup plus que cela. Michael et Elizabeth, missionnaires laïques des États Unis, fondateurs de Wild Flower ont su avec leur trois enfants créer une réelle communauté ou chacun à sa place. Ces femmes, elles sont de tous horizons. Elles sont enceintes, parfois pas. Elles sont adolescentes ou ont 40 ans. Elles sont Thaies, des tribus des montagnes ou réfugiées. Elles sont Bouddhistes, Chrétiennes ou Animistes. Leur mari a trouvé une seconde épouse, les a abandonnée ou les a battues au point ou elles se sont retrouvées à l’hôpital plusieurs fois. Bref, des entorses à la règle on en fait quand on sait que la personne a besoin d’un coup de main et qu’elle veut grandir pour s’en sortir. Elles peuvent travailler et étudier à Wild Flower Home ou on les supporte à étudier à l’extérieur pour celle qui le veulent. Elles ont des cours sur leurs droits, de marketing pour les produits qu’elles font, des thérapies de groupe, des enseignements pour leur compétences parentales, etc On a des volontaires d’un peu partout qui viennent offrir de leur temps, des étudiants de 20 ans qui découvrent le monde, des retraités de 70 ans installés en Thaïlande qui donnent selon leur compétence.

Deux de mes principales aides sont Thaï : Ruang, l’assistante directrice de la tribu des Karen, et Nong, une Thai de la région Issan (Nord est de la Thailande). Elizabeth et Michael voudraient bien qu’un jour Wild Flower devienne le projet de ces femmes Thaies.

Il y a notre vieille Esther, qui est schizophrène et qui aime à nous aider, alors on l’accompagne gentiment ou elle a besoin. Elle passe des heures à travailler dans leur jardin et est d’une fidélité à
toute épreuve.

Michael est d’origine Vietnamienne et est donc sensible aux réfugiés Vietnamiens présents en Thaïlande qui sont privés de droit et les a embaucher pour faire la construction des différents bâtiments.

On se retrouve tout ce beau monde à nos heures de repas et pour célébrer différents événements de la vie.

Les chocs entre l’Occident et l’Orient sont présents tous les jours. Mon cerveau voyage de plus en plus rapidement entre l’anglais et le Thaï, et mon cœur se balance entre ces deux mondes qui parfois ont leur difficulté à se comprendre. Je prie tous les jours pour savoir préserver ce fragile équilibre, être pour elles une oreille, une amie, une coach, un modèle, mais aussi celle qui parfois doit dire non ….tout ça avec amour, bien entendu. Malgré nos frustrations, je sens de la bonne volonté de tous, ce qui fait que c’est un terrain propice pour mon propre apprentissage.

Dernièrement j’ai remis 1000$ accumulé depuis un peu plus d’un an à travers vos dons à la Maison Wild Flower, puis les quelques autres sous ont servis à acheter du matériel pour bâtir les ateliers de croissance personnelle que je prépare pour ces femmes. Cette année l’argent ramassé servira à financer un building multi-fonction ou les femmes pourront étudier (anglais, thaï, ordinateur) apprendre un métier, cuisiner. Elles le font déjà, mais les installations que nous avons sont temporaires et commencent à tomber en morceaux.

Si vous désirez faire un don pour le projet Wild Flower Home,
1) vous pouvez aller sur le site web : http://www.wildflowerhome.net/ et procéder pour un don en ligne.

2) Ou encore vous pouvez faire un chèque à la Société des Misions Étrangères. Sur la ligne inférieure à gauche de votre chèque, indiquez : Œuvres Andrée Bédard.
Vous faites parvenir le chèque à : Société des Missions Étrangères du Québec, 160, Place Juge Desnoyers, Laval, Québec, H7G 1A4.

Sur le nouveau site de la SME, vous avez d’autres détails concernant mon nouvel engagement à Wild Flower Home : http://www.nouveau.smelaval.org/

Ou encore sur le blog : http://www.landofthesmile.blogspot.com/

J’apprécie toujours recevoir vos courriels et savoir que l’on est dans vos prières.

Andrée Bédard
Missionnaire laïque associée à la Société des Missions Étrangères
Coordonnatrice des femmes à la Maison Wild Flower