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(les noms des femmes de même que certains détails de leur vie ont été changés afin de préserver leur identité)
Dans les effets de groupe il y a du bon et du moins bon comme vous vous en doutez. Dans la même semaine, 3 m’ont annoncé leur départ. Je me suis un peu remise en question vous vous doutez bien. J’ai dit à Elizabeth, Michael, et Ruang(Thaie assistante directrice) : 1) elles ont vraiment repris pris leur vie en main 2) elles ont peur car je vais instaurer le système de discipline la semaine prochaine (qui existait déjà mais qui avait mis de côté et que j’ai tranquillement remis sur pied en 2 mois) 3) elles sont comme des ados et suivent les copines….Laissez moi vous raconter ce qui est arrivé. Lili, est une sans papier birmane, et a un garçon de 3 mois qu’elle a fait avec un farang. Un beau jeune de passage qui s’est fait avoir. Pour Lili, c’est la troisième fois. Elle espère vraiment améliorer sa vie. Elle a donné 2 autres filles en adoption. Lili est séductrice, manipulatrice et a mauvaise réputation auprès des femmes. Je venais de lui donner son 2e avertissement selon notre code discipline…3e c’est la porte. On regardait les possibilités que son fils puisse obtenir une quelconque reconnaissance en Thailande afin qu’il puisse être scolarisé. Il y avait aussi une possibilité qu’elle aille en Birmanie pour chercher des papiers. Finalement, le certificat presque en main, au bureau de district, elle m’apprend que le 1 er du mois, dans 7 jours elle quittera. Elle a un appart et une job. Des amies prendront soin de son fils. Évidemment, elle veut que WH l’aide pour le premier mois. On en discute avec Elizabeth et Ruang et on lui fait une offre. Je me doute que Lili commençait ça sentir la soupe chaude après le 2e avertissement. Pendant cette même semaine, Pon qui est arrivait de la « grand ville » (Bangkok ) m’annonce qu’elle veut laisser son fils de 3 ans chez son oncle en province, trouver un appart et une job. Je n’étais pas trop inquiète pour Pon, car malgré ses 19 ans elle a plus d’éducation et est plus vive que les autres femmes, et elle est surprenament organisée et responsable. Mais quand on commence à poser des questions, hum, ça commence à devenir compliqué et le plan commence à changer tous les jours. Puis le vendredi, j’ai rendez vous avec Sa. Michael qui l’emploie au bureau me fait remarquer que Sa ne fait pas son travail comme il se doit, elle est lente, paresseuse, brouillonne. Elle semble avoir des difficultés d’organisation depuis toujours, elle se lève constamment en retard. Je la rencontre pour son rendez vous normal avec en tête de voir comment on peut travailler cet aspect et quelles en sont les causes. On commence à discuter puis au fil de la conversation, elle me glisse tout bonnement qu’elle va quitter WH…Je suis surprise, elle parlait de rester 1 an. Elle me monte une histoire (je deviens de plus en plus habile pour saisir quand les Thaies commencent à raconter n’importe quoi pour ne pas dire la vérité). On est le vendredi et elle m’annonce que c’est pour le lundi! Je lui dis : « Mais as-tu pensé à Michael? Lui en as-tu parler? Il devra trouver quelqu’un d’autre pour te remplacer au bureau. » Évidemment non, elle a pensé à son nombril. Elle a décidé de faire comme Pon et d’aller déposer son fils chez ses parents. Évidemment je me doute que ni l’oncle de Pon, ni les parents de Sa sont au courant de leur plan, mais pour les Thaies, « ce petit détail dernière minute est très okay »…quand je vous dis ils sont plus facile que nous, ils s’accommodent facilement. Puis j’apprends que Sa va habiter avec Pon, mais j’ai la vague impression que si Pon est très responsable, fiable et par conséquent capable de garder un emploi, je me doute que ce n’est pas le cas de Sa. En questionnant Pon, elle m’avoue qu’elle sent que Sa lui colle après mais que c’est okay. Sa a pris sa décision la semaine dernière lorsqu’elle a accompagné Pon qui elle cherchait pour l’appartement et la job. Sur un 10 cents, Sa a décidé de changer de vie sans penser à si elle était prête pour ce move ou aux conséquences. Je suis quand même un peu scandalisée que ces deux jeunes mères se débarrassent de leur enfant ainsi et j’ai la vague intuition qu’elles veulent avoir la belle vie. Même mes profs Thaies à l’école faisaient de même. Une question d’argent selon Ruang. Le samedi j’accompagne Lili pour son appart puisqu’elle sait déjà ou elle va habiter et je vais regarder pour le contrat vu que WH paiera le 1er mois. Pon dit qu’elle veut nous accompagner car elle regarde pour une chambre dans ce secteur. On voit la chambre de Lili. Plutôt médiocre, mais okay pour un Thai : 2,5 m x 2,5 m, un vieux matelas, une commode, une salle de bain et un balcon. Pon m’annonce qu’elle habitera ici. De kossé? Non Dans une autre chambre avec Sa, et elles partageront le même matelas. Encore une fois, je me suis fais prendre. Pon avait son plan et évidemment ne m’avait pas dit les détails qu’une fois arrivé sur place.
Impulsivité, dépendance, enchevêtrée, sans vision à long terme mais au jour le jour, en apparence communautaire mais centrée sur elle, sans égard pour l’autre, elles suivent les copines comme des ados en plus de potiner à plein…ces filles, Thaies ou des montagnes, s’accommodent bien entre elles. En fait les filles de WFH ont les traits plus marqués que chez les autres Thaïs rencontrés possiblement dû à leur faible niveau d’éducation. N’empêche qu’elles m’apprennent comment être plus friendly, sabay sabay, moins formelle dans la relation d’intervenante, plus maternelle et fraternelle, comment rire. Si elles savent me surprendre par tout cet aspect de dernière minute, elles savent aussi me surprendre par une bonté naïve et spontanée qu’on a certainement perdu chez nous car il y a trop de méfiance. Régulièrement, plus particulièrement à Chiang Mai, quand un ou une Thai€ me voit marcher, il m’offrira de monter sur sa motocyclette et de me déposer à l’endroit voulu sans rien demander en retour. Ils aiment bien offrir de petites choses, particulièrement des sucreries, tout bonnement…comme ça. On dit qu’ils sont namjay (cœur d’eau…en fait on peut le sentir quand on est en relation avec eux, il y a une douceur et quelque chose qui vous fait sentir bien). Certains farang vivant ici depuis longtemps m’ont dit que les Thais ne font rien gratuitement, qu’ils ont une idée derrière la tête. Je me demande comment quelqu’un qui croisera une fois dans sa vie et m’offre un lift en moto peut bien profiter dans le futur. Je suis de ces personnes, un peu naïve qui croit toujours que la vraie gentillesse existe encore.
Je continue d'apprendre à apprivoiser les fleurs sauvages....
Andrée:)
Rafraichissant en ces temps dramatique que vit la Thaïlande
RépondreSupprimerBonne mission