
"Partager votre gâteau, il diminue. Partager votre toit, il reste le même. Partager votre joie, elle grandit."
Ce que j'aime le plus de ma vie missionnaire est certainement le fait que je puisse découvrir plein d'endroits, meme si parfois le fait de le faire seule peut ralentir mon enthousisame. Ainsi, j'ai dû passé trois jours à Penang, une île de Malaisie ..pour l'obtention d'un nouveau visa. Et oui, dure dure la vie missionnaire. A l'aéroport de Bangkok, déjà parmi les passagers, au lieu des corps filiformes des Thais, j'avais de gros Asiatiques. Mon intuition première s'est confirmée: il s'agissait de Malaisiens. L'avion étant très petit et le corps des passagers plus gros que ce que je suis habituée de voir, je me sentais mon Dieu beaucoup plus à l'étroit. Les sièges d'avion ne sont pas fait pour les personnes un peu plus enveloppées d'amour, on le sait bien.
Nous sommes atteris et oh! surprise, il nous fallait débarquer direct sur la piste d'atterrissage car il s'agissait d'un petit avion atterrissant dans un petit aéroport. L'aéroport bien qu'il comprenait tous les services, était assez simple, un peu vieillot, un peu moderne mais pas trop.Même si j'etais toujours en Asie, l'ambiance n'était pas la même. Déjà, je savais que je n'étais plus dans le "land of smiles", puisque personne ne souriait. Les femmes qui travaillaient portaient toutes le hijab. Déjà, j'ai senti un contraste: il y avait les Malaisiens foncés au visage Indien, grands et bâtis comme des Occidentaux, puis les Malaisiens pâles, bien enveloppés aussi, mais aux airs Chinois. Les palmiers et les feuillus se balancaient sous le vent chaud à ma sortie de l'aéroport. Mon chauffeur de taxi était assez silencieux. Je n'avais pas droit au mille questions qu'habituellement les Thais nous posent en raffale en s'enthousiasmant pour tout et rien. Un enthousiame, un rire, une simplicité que je me suis rendue compte qui s'est glissé dans ma propre attitude(faut dire que mes 2 collègues Fillipinas aident à la cause étant des sourires sur 2 pattes). Après un temps d'observation, mon chauffeur de taxi m'a finalement posé quelques questions puis je lui en ai reposé quelques unes, lui concernant ma provenance et le but de ma visite, moi voulant savoir ce qu'il y avait d'intéressant sur l'ile de Penang...pas très original dans les 2 cas, mais il faut commencer la conversation quelque part. Il m'a montré le 3e plus long pont au monde reliant l'ile et le continent, 14 km, mais pas de trémolo dans la voix comme les Thais en ont à la moindre évocation d'un truc national. Il m'a parlée rapidement de l'influence Britannique, de la venue des Chinois et des Indiens. Sur le même ton, il m'a annoncé qu'il parlait 4 langues: malaisien, anglais, chinois et indien. Sur ma banquette, je le voyais parfois me jeter un coup d'oeil dans le rétroviseur, mais mon regard était partout a la fois. Je voyais plein de montagnes. Je voyais des édifices mais sans la prétention de ceux de Bangkok, pas trop moderne, pas trop haut. De loin, je distinguais, ceux aux penchants Britanniques: quelques eux avaient repeints et entretenus pour attirer les touristes; d'autres étaient laissés a leur sort. Je sentais déjà quelque chose de plus adulte, de plus calme, de moins émotif qu'en Thailande, de plus pesé. À Bangkok, on est soit dans l'ultramoderne, la folie des grandeurs, l'apparence ou on prend plaisir à copier l'Occident sans y rechercher la qualité en contraste avec des bicoques qui tiennent par la peur, un bol de riz et sauce de pisson a partager avec trop de membres de la famille, vivant dans une trop grande proximité avec trop de proches. Il y a certainement des pauvres à Penang, mais le paradoxe semble moins grand. Toujours zieutant par ma fenêtre de taxi, les autos et les motocyclettes ont attirées mon attention. Elles étaient plus carrées. Il y avait Proton qu'on a peu en Thailande. Et puis oh surprise! Si les Thaies, jupe talons hauts ou pas, s'asseoient juste sur une fesse à l'arrière du conducteur, en prenant soin de ne pas le toucher (elles se moquent des farang qui s'asseoient en califourchon...la position de côté est assez risquée et demandent des abdos de béton selon mon expérience), et bien, les Malaisiennes, avec leur voile islamique et un casque, s'asseoient en califourchon, et jeunes et vieilles tiennent bien serré les hanches ou l'abdomen de leur conducteur ou les cuisses. Et oui, un casque...on en voit trop peu à Bangkok, seuls les conducteurs les portent ou parfois ils m'en prêtent un quand ils savent qu'on passera dans une zone ou il y a la police....Quoi! vous aviez accrochés sur les mains baladeuses des Malaisiennes! Les Thaies s'en gardent bien. Moi de même d'ailleurs. Car si je m'asseois en califourchon, mes mains se trouvent sur le barre arrière de mon siège. C'est un bon compromis, non?
Rapidement, j'ai compris que j'entrais dans un univers multiculturel, qui ma foi me semblait aussi cosmopolite que celui de Montréal. Je me suis regalée de bouffe indienne. J'ai savouré le café blanc de Penang...qui est en fait en poudre instantanée, mais en provenance de grains de café grilles dans du beurre et du sucre plutot que torréfiés...mais qui est surprenament deéicieux. Le quartier chinois m'a moins émue...que ce soit à Montréal, à Bangkok ou a Penang-Georgetown, je trouve tellement que c'est un fouilli rempli de cochonneries...toutefois j'ai trouvé quelques maisons de thés assez intéressantes. J'ai photographié les temples bouddhistes, hindous, les églises (plus protestantes que cathos) et les Mosquées qui chantent sur un ton nasillard 5 fois par jour la prière dans leur microphone. Puis, le dernier matin, un musée de l'histoire de Georgetown est apparu de sur ma route...tout le monde est passé à Penang: les Chinois, les Indiens, les Indonesiens, les Birmans, les Japonais, les Anglais, les Portuguais...alors qu'est ce qu'un Malaisien? Selon le musée: un Malaisien est quelqu'un qui parle Malaisien et pratique les coutumes Malaisiennes ainsi que le religion musulmane....Mon cerveau bouillonnait de savoir comment on vivait les accommodements raisonnables ici...le temps me manquait pour tout comprendre...J'ai posé quelques questions à mon 3e chauffeur de taxi, James. Il commence en me disant: "Ici on n'a pas de problème, pas de guerre sauf dernièrement à cause de l'utilisation du mot Allah par les Chrétiens. Les Musulmans ont mal réagi. Ce sont des gens particuliers, très particuliers. Le pays appartient aux Musulmans, mais ils sont paresseux (lui est Chrétien Catholique Romain m'a-t-il affirmé fièrement). La business appartient aux Chinois. La langue est le Malaisien et en second l'anglais (mais les journaux sont en trois langues de même que les écriteaux sur la route: Malaisien, Anglais et Chinois)." Meme si de loin, le slogan de vie multicutirelle de Georgetown semblait être : "on ne s'embête pas les uns les autres...il semble que les tensions existent bel et bien comme partout ailleurs ou le défi de l'interculturalité est présent.
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Avant de déménager à Chiang Mai, je suis allée visiter Thyvia. Elle va bien, même je dirais mieux. Elle riait plus et les étoiles sont revenues dans ses yeux. Elle à faire la traduction pour les compagnons du Sri Lanka et enseigne l'anglais aux enfants. Elle a commencé à lire la Bible (elle est Hindou et son copain Mormon) et dit que ça lui a fait du bien et veut continuer de lire.
Le mois prochain...des nouvelles de ma nouvelle vie à Chiang Mai!
Le mois prochain...des nouvelles de ma nouvelle vie à Chiang Mai!
Andrée:)
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