jeudi 11 novembre 2010

On me l'avait bien dit!




Voilà un bon moment que je n’ai pas écrit sur le blog. J’ai préféré mettre des photos, car comme on dit « les images valent mille mots ». Pourtant parler ou écrire n’a jamais été un réel problème. On m’avait dit que l’Asie me ferait plus silencieuse, plus intérieure, et bien voilà que c’est peut-être en train d’arriver. Ou est-ce simplement le fait que cette paix intérieure ne cesse de grandir et de me laisser sans mot. Le fait de voyager, cœur,tête et âme entre deux langages, deux cultures qui ne sont pas les miens, m’a certainement m’a fait plus humble dû au fait que je ne peux exprimer aussi tout ce que je voudrais aussi clairement ou aussi articulé…Certainement beaucoup de frustration ou toute un arc en ciel d’émotions gardées dans le cœur ou même partager avec vous chers blogueurs…quoique avec une certaine réserve!


Photo ci haut: les 4 femmes de la tribus des Hmong vivant à Wild Flower, à gauche Lili 16 ans donnera naissance à la mi janvier, et à l'extrême droit, Say, 37 ans donnera naissance à un 6e poupon à la fin Décembre.


La communauté change et évolue. Il y a eu quelques filles qui sont parties, puis dernièrement une vague de nouvelles sont arrivées….toutes enceintes. Fin décembre et début janvier devrait voir naître trois jolis poupons! Un de nos atouts précieux est maintenant Steve, le coordonateur de la garderie arrivée à la fin août. Il a été enseignant d’anglais et de musique au Guatémala et au Timor Oriental, le plus souvent avec des adolescents. Se retrouver avec des petits de 1 à 5 ans est un défis de taille. Toutefois, la musique qu’il apporte réjouit et réunit tout le monde. Le samedi après midi, les femmes lui ont demandé de leur enseigner des chansons anglophones et il le fait avec joie. Après une heure à chanter, les petits viennent rejoindre leur mère ou Twinkle Twinkle, Head Shoulder Knees and Toes, Eency Wency Spider sont nos hits, et on transite tranquillement vers l’activité mère-enfant ou le but principal est d’avoir du fun….et on en a! On leur enseigné la Maracarena et la Danse des Canards….la danse des Canards c’est gros fun noir tant pour les mères que les enfants! Quand je passe à la garderie, il y en toujours eu qui me la fais en solo!Ajouter une image


Steve, le coordonateur de la garderie et le petit Ali, 3 ans.




Et puis dans la communauté, j’ai fait la connaissance personnelle à différent moments de serpents petits et gros (il traversait la route bien lentement quand j’arrivais avec ma motocyclette), les grosses araignées, les scorpions et les cent-pattes (les mille-pattes c’est pas dangereux mais les cent pattes ça mord fort y paraît). Ces trois derniers se retrouvent dans ma chambre au moment ou je m’y attends le moins et à l’endroit ou je m’y attend le moins…la douche, sous les couvertures, etc. Donc les coquerelles dont je vous ai entretenues l’an dernier, pfff, c’est de la petite bière. On a aussi des souris (ou rats je ne sais pas trop) qui grignotaient l’entre-toit de ma chambre si fort que je me demandais si elles ne pesaient pas 25 lbs et ne me tomberaient dessus un jour ou l’autre. Un matin, la tête mouillée de souris émergeait de l’eau de mon bol de toilette. J’ai appelé Steve qui a appelé Michai (le vrai homme de la maison) et il est arrivé tout souriant avec un marteau. On a entendu un : "boum-kwiiii" et et Michai a tassé le rideau qui sert de porte pour ma toilette-douche avec un grand sourire. "Mission accomplie!" qu’il semblait dire. Un autre matin par contre, au loin, j’ai la tête d’une souris probablement atterrie là parce que notre chat a l’habitude de laisser des restes ( à moins qu’il ne bouffe pas les cerveaux…je le comprend, j’en bouffe pas non plus pas plus que les intestins ou le sang dans la soupe dont les filles raffolent ici).


Ici il commence à faire froid…plus froid qu’à Bangkok. Je me suis acheté un polar et je cherche des gants pour conduire ma moto. Le matin c’est 10 degrés et l’après midi environ 25.


Andrée :)

mardi 14 septembre 2010

Little Things in Life

They are many things in our daily life that we take for granted. We don’t realize what it would be like if these things were no longer part of our universe. But some of the hill tribe women at Wildflower Home have a different perspective…

One Saturday afternoon, just after finishing all our chores, the women sat together and had a relaxed moment chatting, laughing, and teasing each other. Sahe, our youngest mother, reported the experience she had earlier in the week when we went to a local mall called Airport Plaza. We were waiting at the hospital for our turn and seeing the line was so long, we decided to go buy the milk she needed for her baby. However, I did not know it was her first time in a mall. As we were in a bit of a hurry, I was walking fast to reach the supermarket, and suddenly I noticed Sahe’s eyes getting rounder. While talking about her trip in the group Sahe said in awe to the women: “There are stairs that go up by themselves!” The women and even some children started laughing and told her that we call moving stairs “escalator”.

A week later, we had to go to the mall again, but this time to the second floor, so Sahe had the opportunity to try out the escalator. With a mix of curiosity and fear she put her foot on the first step while clinging tightly to my arm. She exited the escalator with a big smile of satisfaction.

Again during our informal talk, Po suggested that one day all the mothers go to Le Carrefour, another shopping center in Chiang Mai which is a popular chain store in France. Naphae who spent almost all her life in the Laotian forest asked: “Le Carrefour….where is this mountain?”

Naphae likes new discoveries and in our increasingly globalized world, for her there is always something new. She went to Airport Plaza to sell some Wildflower Home products and during a trip to the restroom she found out with amazement that she did not need to turn the knobs to get water out of the faucet, instead she could just pass her hands under it. Afterward she was also confused when Nong put 10 baht in a toy machine and received a toy to give to her son. Naphae asked again: “where is the 10 baht?”

The same night in the mall I invited Naphae and Nong to choose the food they wanted to eat. Looking through all the glass showing different kinds of dishes, they concluded it was “Naaklua(scary), all this foreigner food”, and we ended up at the food court where they could find some food they recognized. As we ate Nong commented: “The people are walking here and they do not seem to have fun. They do not talk to each other.” Naphea also noted, “How can the people can spend all the day inside the shopping mall? There is no air here.”

Few weeks later, when I accompanied Naphae to the fresh market, she asked me if we had the same in Canada. I answered:” not exactly the same”, and I explained her….thinking that we surely did not have the flies turning around the bloody meat we were contemplating buying. She says, “Your markets in Canada must be boring, no?” I smiled and said to myself that probably the flies in Canada are thinking the same as Naphae.

vendredi 2 juillet 2010

Quelques petites anecdotes quand on est une fille des montagnes

(Naphae à gauche, et PaNong à droite)


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Il y a trois centres d’achat à Chiang Mai : le Airport Plaza est le plus gros, Le carrefour et le Huay Kaew. La plupart des filles n’ont jamais un pied dans un centre d’achats. Une des filles qui a eu cette chance lance un jour l’idée qu’on puisse sortir et aller souper dans un de ces endroits le Carrefour. Notre fille du Laos, Naphae, qui a passé les trois quarts de sa vie dans la forêt répond :

-Le Carrefour…ou est située cette montagne?

Il faut savoir qu’une fois elle s’est retrouvée à vendre des produits de la Maison Wild Flower dans un centre sportif. Elle s’est rendue aux toilettes mais était incapable d’en sortir parce qu’il y avait trop de miroirs et elle ne savait plus qu’elle était la vraie porte jusqu’à ce qu’un autre dame entre. Elle lui a fait un grand sourire, et l’a remerciée en lui disant qu’elle ne trouvait plus la porte.

Toujours avec notre Laotienne nous sommes allées au Airport Plaza pour vendre des produits de la maison. Aux toilettes, elle essayait de tourner en vain le robinet jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’il suffisait de passer ses mains sous la champelure pour que l’eau se mette à couler.

Elle s’est montrée surprise quand Panong a mis 10 baht dans une machine à balles pour son fils. La balle est tombée est Napahe a demandé : ou est passé le 10 baht? On a ri un bon coup.

Une autre de nos filles que j’ai amené à cet endroit a par la suite raconté aux autres qu’il y avait des escaliers qui montaient tout seul.

Comme Naphae et Panong avaient travaillé fort depuis un bout de temps, je leur avais dit qu’au Airport Plaza ce serait comme un privilège, qu’on prendrait notre temps comme elles étaient curieuses de connaître cet endroit et qu’elles pourraient choisir le repas qu’elles voudraient. Arpentant les vitrines du 4e étage ou l’on trouve les restaurants rien ne semblait les satisfaire. Panong me dit en regardant un menu de nouilles japonaises : naa klua (épeurant). On a donc fini dans le food court ou elles ont choisi des mets thai à prix minime et elles me disaient combien elles n’aimaient pas cet endroit finalement : « Il n’y a rien d’attrayant ici, les gens ne font que marcher et ils n’ont pas l’air d’avoir du plaisir » « Il n’y a pas d’air pour respirer, comment ils font pour rester longtemps ici ».

On était bien contente de rentrer au bercail toutes les trois.

Je n’avais jamais remarqué mais ces filles des montagnes sont plus courtes sur pattes que les Thaïes à grand jambes que j’ai croisées ce soir là…..

Andrée:)

samedi 5 juin 2010

CAMPAGNE DE FINANCEMENT 2010




COURRIER DES MISSIONNAIRES
No. 4, Juin 2010


Dieu m’a fait don de la communauté que j’espérais pour grandir, servir et apprendre à aimer. Une communauté ou on trouve de tout. Une communauté ou on voit clair sur les forces et faiblesses de chacun, et ou chacun a sa place


Depuis le 1er février dernier, j’ai officiellement déménagé mes pénates à Chiang Mai. Elizabeth Thai-Binh, la directrice-fondatrice de Wild Flower Home est venue me chercher à la gare. J’étais un peu nerveuse. Voilà un an que je n’avais pas exploité mes compétences d’intervenante sociale. Serais-je à la hauteur? Mon Thaï serait-il assez bon? Est-ce que je comprendrais tous les codes culturels? Si je me mettais beaucoup de pression personnelle, la communauté de femmes qui m’y attendaient m’ont chaleureusement accueillie et ont su me mettre à l’aise. Elles ont su s’adapter à mon thaï maladroit, mes erreurs de prononciation, le fait que je ne les comprenais pas du premier coup alors qu’elles me faisaient de grandes confidences. Dans mon dernier courrier, je vous écrivais que la maison Wild Flower est un foyer pour mères célibataires enceintes, mais en fait, c’est beaucoup plus que cela. Michael et Elizabeth, missionnaires laïques des États Unis, fondateurs de Wild Flower ont su avec leur trois enfants créer une réelle communauté ou chacun à sa place. Ces femmes, elles sont de tous horizons. Elles sont enceintes, parfois pas. Elles sont adolescentes ou ont 40 ans. Elles sont Thaies, des tribus des montagnes ou réfugiées. Elles sont Bouddhistes, Chrétiennes ou Animistes. Leur mari a trouvé une seconde épouse, les a abandonnée ou les a battues au point ou elles se sont retrouvées à l’hôpital plusieurs fois. Bref, des entorses à la règle on en fait quand on sait que la personne a besoin d’un coup de main et qu’elle veut grandir pour s’en sortir. Elles peuvent travailler et étudier à Wild Flower Home ou on les supporte à étudier à l’extérieur pour celle qui le veulent. Elles ont des cours sur leurs droits, de marketing pour les produits qu’elles font, des thérapies de groupe, des enseignements pour leur compétences parentales, etc On a des volontaires d’un peu partout qui viennent offrir de leur temps, des étudiants de 20 ans qui découvrent le monde, des retraités de 70 ans installés en Thaïlande qui donnent selon leur compétence.

Deux de mes principales aides sont Thaï : Ruang, l’assistante directrice de la tribu des Karen, et Nong, une Thai de la région Issan (Nord est de la Thailande). Elizabeth et Michael voudraient bien qu’un jour Wild Flower devienne le projet de ces femmes Thaies.

Il y a notre vieille Esther, qui est schizophrène et qui aime à nous aider, alors on l’accompagne gentiment ou elle a besoin. Elle passe des heures à travailler dans leur jardin et est d’une fidélité à
toute épreuve.

Michael est d’origine Vietnamienne et est donc sensible aux réfugiés Vietnamiens présents en Thaïlande qui sont privés de droit et les a embaucher pour faire la construction des différents bâtiments.

On se retrouve tout ce beau monde à nos heures de repas et pour célébrer différents événements de la vie.

Les chocs entre l’Occident et l’Orient sont présents tous les jours. Mon cerveau voyage de plus en plus rapidement entre l’anglais et le Thaï, et mon cœur se balance entre ces deux mondes qui parfois ont leur difficulté à se comprendre. Je prie tous les jours pour savoir préserver ce fragile équilibre, être pour elles une oreille, une amie, une coach, un modèle, mais aussi celle qui parfois doit dire non ….tout ça avec amour, bien entendu. Malgré nos frustrations, je sens de la bonne volonté de tous, ce qui fait que c’est un terrain propice pour mon propre apprentissage.

Dernièrement j’ai remis 1000$ accumulé depuis un peu plus d’un an à travers vos dons à la Maison Wild Flower, puis les quelques autres sous ont servis à acheter du matériel pour bâtir les ateliers de croissance personnelle que je prépare pour ces femmes. Cette année l’argent ramassé servira à financer un building multi-fonction ou les femmes pourront étudier (anglais, thaï, ordinateur) apprendre un métier, cuisiner. Elles le font déjà, mais les installations que nous avons sont temporaires et commencent à tomber en morceaux.

Si vous désirez faire un don pour le projet Wild Flower Home,
1) vous pouvez aller sur le site web : http://www.wildflowerhome.net/ et procéder pour un don en ligne.

2) Ou encore vous pouvez faire un chèque à la Société des Misions Étrangères. Sur la ligne inférieure à gauche de votre chèque, indiquez : Œuvres Andrée Bédard.
Vous faites parvenir le chèque à : Société des Missions Étrangères du Québec, 160, Place Juge Desnoyers, Laval, Québec, H7G 1A4.

Sur le nouveau site de la SME, vous avez d’autres détails concernant mon nouvel engagement à Wild Flower Home : http://www.nouveau.smelaval.org/

Ou encore sur le blog : http://www.landofthesmile.blogspot.com/

J’apprécie toujours recevoir vos courriels et savoir que l’on est dans vos prières.

Andrée Bédard
Missionnaire laïque associée à la Société des Missions Étrangères
Coordonnatrice des femmes à la Maison Wild Flower