Drame à Wat Prok
À travers toute ma chance pour poursuivre mon engagement à Wat Prok, il m’a été donné de rencontrer à l’école de langue, Sarah, une grande Allemande de 26 ans. Sarah est arrivée en avril dernier afin de venir étudier l’art thaï, après avoir terminé en Allemagne son bac en art et un certificat en pédagogie. Depuis son arrivée ici, Sarah vivait bien des déceptions dans ses relations avec les autres étudiants Thaïs. Car bien que les Thaïs soient très amicaux au premier abord, ils sont champions pour parler de la pluie et du beau temps sans jamais en profondeur ce qui limite la relation d’amitié selon notre point de vue de farang. Toucher un sujet en profondeur revient à vouloir faire sa vie compliquée et ça les Thaïs n’y tiennent absolument pas s’acharnant à être « sabay sabay », « sanuk » (to enjoy), « mii kwaamsuk »(avoir du plaisir). Dans le même ordre d’idée j’ai accepté de jouer la game avec une de mes profs lui demandant de me polir les ongles comme les siens juste pour voir le plaisir que ça lui procurait…en plus de le faire en secret, c’était la totale. Donc, notre chère Sarah qui voulait établir des relations interpersonnelles profondes et qui a de grandes questions existentielles ne trouvait pas chaussure à son pied. De plus, elle a fini par être presque dégoûtée de constater que les Thaïs ne sont pas valoriser à créer des trucs originaux, burlesques ou grotesques, mais bien à « copier et imiter »….on ne vend pas que des copies de films et de vêtements de marque « farang » sur la rue pour rien. Un jour je me suis mise à penser à ce que je ferais à Wat Prok jusqu’en décembre sentant mon inspiration en chute libre. Sarah m’est apparue. Quand je l’ai rejointe pour aller souper la première chose qu’elle m’a lancé était : « Je voudrais faire quelque chose pour aider avant de partir. » J’ai dit : « Bienvenue à Wat Prok ». Sarah n’en pouvait plus d’avoir des idées…que je trouvais peut-être un peu trop grandiose pour les gars de Wat Prok….je trouvais aussi le budget un peu grandiose. « May pen lay »(c’est pas grave), je me suis dit on tente le tout pour le tout d’autant que jusqu’à maintenant les arts plastique offerts étaient sous leur capacité réelle. Sarah avait décide leur faire faire des objets volants avec de la broche à poule à couvrir avec du papier journal. Première semaine, ils se sont pas mal débrouillés après avoir passé un certain temps à tripoter la broche et les cutters. Deuxième semaine, je n’en ai pas eu vent puisque j’étais au Cambodge. Troisième semaine, alors que j’étais dans le bus en route vers le Centre des Réfugiés de Bangkok, Sarah me texte et m’appelle. Une des profs thaïe fait de même. Je rappelle sentant le drame. Comme de fait elle était en larmes. En hoquetant, elle m’explique que la prof lui a dit que les gars ont jeté les œuvres d’arts en construction car ils ne les aimaient pas. Elle m’explique sa vision des choses en faisant plein de parallèle avec la façon de voir et d’éduquer en Allemagne versus ce qu’elle observe en Thaïlande. Il est clair qu’il y a eu un malentendu et ce genre de comportement ne ressemble pas à celui des gars de Wat Prok. Finalement, elle me rappelle plus tard, ayant choisi de ravaler son ego d’artiste blessé et de rester avec les gars. Ils sont venus la rejoindre et ont recommencer la construction quand Sarah a finalement compris que la farine de riz, c’est pas génial pour le papier mâché et qu’ils ont dû aller chercher une autre sorte de farine. J’avais fait la même erreur avec les masques sur ballon. En allant à Wat Prok, la conversation avec les profs Thaies ont commencé par des excuses de part et d’autres, Khruu Saa était mal et je l’étais aussi. En jasant, j’ai compris que ceux qui avait décidé de jeter les « œuvres d’arts déflaboxés par la pluie » étaient ceux en charge du ménage et avaient crû bien faire puisque c’était un peu le bordel. On a eu un bonne jase et j’ai constaté que mon thaï était pas mal et je devais traduire régulièrement à Sarah ce qui se passait. On a repris ça avec les gars et le point était que s’ils veulent conserver quelque chose ils doivent trouver une façon de le préserver. On a mis une petite affiche devant les œuvres à sécher cette après midi là : Défense de jeter(Hââm ting)! Regarder avec les yeux pas avec les mains (duu kap taa may chay kap muu). J’ai vu dans les yeux des gars combien ils étaient contents et réconfortés de mon retour alors que je faisais un mon petit speech. Je ne savais pas jusque là quel genre de relation j’avais créé avec eux et les profs à ce jour. Avec les gars, j’ai senti leur attachement et leur fidélité, avec les profs une nouvelle complicité est née. Ce que j’ai su par la suite, c’est que Sarah avait vraiment fait une scène et ne s’était pas excusé….et je sentais que c’était difficile de reprendre ça avec elle, la sentant un peu fermée. C’est un autre de mes apprentissages ici. Si chez nous on fonce dans le tas pour régler un problème, ici j’ai appris à apprendre le bon moment…ce qui peut être long et qui confronte a d’autre farang leur donne l’impression qu’on ne règle pas les problèmes…on les règle mais quand la personne est prête à entendre.
Crier à tue-tête
Dans un autre d’idée, j’apprends à connaitre la vie a Louis Mansion, l’édifice ou je vis. Peu de temps après être emménagée, vers 4hres du matin, j’ai entendu les voisins commencer à se chicaner. Un homme et une femme. J’ai essayé de ne pas écouter. Tout a coup il y a avait des coups dans les murs et j’ai compris qu’ils se battaient. Puis j’ai entendu un enfant pleurer. Ça en était trop. Pauvre ti—pit. Était-il battu lui aussi? J’en avais aucune idée, mais l’instinct protecteur en moi s’est allumé et je suis allée en jaquette vers l’appartement des voisins. Il y avait plusieurs femmes Thaïes qui essayaient de maîtriser un homme, probablement saoul. Une d’entre elles tenait l’enfant qui pleurait. Quand elles m’ont aperçue, leur face est tombée et elles ont claqué la porte. Je suis retournée à ma chambre pour appeler le gardien de sécurité qui évidemment ne comprenait pas (et plus tard j’ai compris qu’il ne voulait pas comprendre parce que ici on ne mêle de ce genre de chose). J’ai descendu les 11 étages en trombes et je suis allée le chercher par le collet. Il est venu et les a regardé, puis finalement est redescendu avec cet homme et 2 des femmes. Le lendemain, encore vers 4 hres du matin, 2 des filles se sont mises à se jaser en hurlant, chacune à leur extrémité de corridor. Je suis sortie et leur ai fait signe de se taire. J’en ai reparlé avec ma prof qui m’a conseillé de ne jamais me mêler des affaires de Thaïs qui peuvent très mal réagir. S’ils ont l’air en apparence calmes, souriants et amicaux et il semble qu’ils ont le sens du drame très développé. D’ailleurs ce se voit dans le téléroman quotidien ou dans la même demi-heure, il y a une méchante qui met du poison, une histoire d’amour tirée par les cheveux, des couteaux et de la bataille et le tout très mal acté avec la musique de fond souvent mal ajustée. Il semble que les Thaïs dans la vraie pourrait aussi me faire une petite attaque au couteau…mais bon je ne vais pas vivre ma vie dans la peur. Pour l’instant mes contacts se limitent plutôt à la petite famille d’en face avec Micky, Pun et Fok (leur maman) et les réfugiés Sri Lankais du 12e.
Maintenant c’est vrai, je pars 2 semaines en discernement : projets avec les enfants des slums à Pakkret ou Maison Wild Flower avec les mères-célibataires à Chiang Mai. Priez pour moi.
À travers toute ma chance pour poursuivre mon engagement à Wat Prok, il m’a été donné de rencontrer à l’école de langue, Sarah, une grande Allemande de 26 ans. Sarah est arrivée en avril dernier afin de venir étudier l’art thaï, après avoir terminé en Allemagne son bac en art et un certificat en pédagogie. Depuis son arrivée ici, Sarah vivait bien des déceptions dans ses relations avec les autres étudiants Thaïs. Car bien que les Thaïs soient très amicaux au premier abord, ils sont champions pour parler de la pluie et du beau temps sans jamais en profondeur ce qui limite la relation d’amitié selon notre point de vue de farang. Toucher un sujet en profondeur revient à vouloir faire sa vie compliquée et ça les Thaïs n’y tiennent absolument pas s’acharnant à être « sabay sabay », « sanuk » (to enjoy), « mii kwaamsuk »(avoir du plaisir). Dans le même ordre d’idée j’ai accepté de jouer la game avec une de mes profs lui demandant de me polir les ongles comme les siens juste pour voir le plaisir que ça lui procurait…en plus de le faire en secret, c’était la totale. Donc, notre chère Sarah qui voulait établir des relations interpersonnelles profondes et qui a de grandes questions existentielles ne trouvait pas chaussure à son pied. De plus, elle a fini par être presque dégoûtée de constater que les Thaïs ne sont pas valoriser à créer des trucs originaux, burlesques ou grotesques, mais bien à « copier et imiter »….on ne vend pas que des copies de films et de vêtements de marque « farang » sur la rue pour rien. Un jour je me suis mise à penser à ce que je ferais à Wat Prok jusqu’en décembre sentant mon inspiration en chute libre. Sarah m’est apparue. Quand je l’ai rejointe pour aller souper la première chose qu’elle m’a lancé était : « Je voudrais faire quelque chose pour aider avant de partir. » J’ai dit : « Bienvenue à Wat Prok ». Sarah n’en pouvait plus d’avoir des idées…que je trouvais peut-être un peu trop grandiose pour les gars de Wat Prok….je trouvais aussi le budget un peu grandiose. « May pen lay »(c’est pas grave), je me suis dit on tente le tout pour le tout d’autant que jusqu’à maintenant les arts plastique offerts étaient sous leur capacité réelle. Sarah avait décide leur faire faire des objets volants avec de la broche à poule à couvrir avec du papier journal. Première semaine, ils se sont pas mal débrouillés après avoir passé un certain temps à tripoter la broche et les cutters. Deuxième semaine, je n’en ai pas eu vent puisque j’étais au Cambodge. Troisième semaine, alors que j’étais dans le bus en route vers le Centre des Réfugiés de Bangkok, Sarah me texte et m’appelle. Une des profs thaïe fait de même. Je rappelle sentant le drame. Comme de fait elle était en larmes. En hoquetant, elle m’explique que la prof lui a dit que les gars ont jeté les œuvres d’arts en construction car ils ne les aimaient pas. Elle m’explique sa vision des choses en faisant plein de parallèle avec la façon de voir et d’éduquer en Allemagne versus ce qu’elle observe en Thaïlande. Il est clair qu’il y a eu un malentendu et ce genre de comportement ne ressemble pas à celui des gars de Wat Prok. Finalement, elle me rappelle plus tard, ayant choisi de ravaler son ego d’artiste blessé et de rester avec les gars. Ils sont venus la rejoindre et ont recommencer la construction quand Sarah a finalement compris que la farine de riz, c’est pas génial pour le papier mâché et qu’ils ont dû aller chercher une autre sorte de farine. J’avais fait la même erreur avec les masques sur ballon. En allant à Wat Prok, la conversation avec les profs Thaies ont commencé par des excuses de part et d’autres, Khruu Saa était mal et je l’étais aussi. En jasant, j’ai compris que ceux qui avait décidé de jeter les « œuvres d’arts déflaboxés par la pluie » étaient ceux en charge du ménage et avaient crû bien faire puisque c’était un peu le bordel. On a eu un bonne jase et j’ai constaté que mon thaï était pas mal et je devais traduire régulièrement à Sarah ce qui se passait. On a repris ça avec les gars et le point était que s’ils veulent conserver quelque chose ils doivent trouver une façon de le préserver. On a mis une petite affiche devant les œuvres à sécher cette après midi là : Défense de jeter(Hââm ting)! Regarder avec les yeux pas avec les mains (duu kap taa may chay kap muu). J’ai vu dans les yeux des gars combien ils étaient contents et réconfortés de mon retour alors que je faisais un mon petit speech. Je ne savais pas jusque là quel genre de relation j’avais créé avec eux et les profs à ce jour. Avec les gars, j’ai senti leur attachement et leur fidélité, avec les profs une nouvelle complicité est née. Ce que j’ai su par la suite, c’est que Sarah avait vraiment fait une scène et ne s’était pas excusé….et je sentais que c’était difficile de reprendre ça avec elle, la sentant un peu fermée. C’est un autre de mes apprentissages ici. Si chez nous on fonce dans le tas pour régler un problème, ici j’ai appris à apprendre le bon moment…ce qui peut être long et qui confronte a d’autre farang leur donne l’impression qu’on ne règle pas les problèmes…on les règle mais quand la personne est prête à entendre.
Crier à tue-tête
Dans un autre d’idée, j’apprends à connaitre la vie a Louis Mansion, l’édifice ou je vis. Peu de temps après être emménagée, vers 4hres du matin, j’ai entendu les voisins commencer à se chicaner. Un homme et une femme. J’ai essayé de ne pas écouter. Tout a coup il y a avait des coups dans les murs et j’ai compris qu’ils se battaient. Puis j’ai entendu un enfant pleurer. Ça en était trop. Pauvre ti—pit. Était-il battu lui aussi? J’en avais aucune idée, mais l’instinct protecteur en moi s’est allumé et je suis allée en jaquette vers l’appartement des voisins. Il y avait plusieurs femmes Thaïes qui essayaient de maîtriser un homme, probablement saoul. Une d’entre elles tenait l’enfant qui pleurait. Quand elles m’ont aperçue, leur face est tombée et elles ont claqué la porte. Je suis retournée à ma chambre pour appeler le gardien de sécurité qui évidemment ne comprenait pas (et plus tard j’ai compris qu’il ne voulait pas comprendre parce que ici on ne mêle de ce genre de chose). J’ai descendu les 11 étages en trombes et je suis allée le chercher par le collet. Il est venu et les a regardé, puis finalement est redescendu avec cet homme et 2 des femmes. Le lendemain, encore vers 4 hres du matin, 2 des filles se sont mises à se jaser en hurlant, chacune à leur extrémité de corridor. Je suis sortie et leur ai fait signe de se taire. J’en ai reparlé avec ma prof qui m’a conseillé de ne jamais me mêler des affaires de Thaïs qui peuvent très mal réagir. S’ils ont l’air en apparence calmes, souriants et amicaux et il semble qu’ils ont le sens du drame très développé. D’ailleurs ce se voit dans le téléroman quotidien ou dans la même demi-heure, il y a une méchante qui met du poison, une histoire d’amour tirée par les cheveux, des couteaux et de la bataille et le tout très mal acté avec la musique de fond souvent mal ajustée. Il semble que les Thaïs dans la vraie pourrait aussi me faire une petite attaque au couteau…mais bon je ne vais pas vivre ma vie dans la peur. Pour l’instant mes contacts se limitent plutôt à la petite famille d’en face avec Micky, Pun et Fok (leur maman) et les réfugiés Sri Lankais du 12e.
Maintenant c’est vrai, je pars 2 semaines en discernement : projets avec les enfants des slums à Pakkret ou Maison Wild Flower avec les mères-célibataires à Chiang Mai. Priez pour moi.