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Ce matin là, le premier août, j'attendais avec impatience l'arrivée des frères Maristes qui emménageaient chez nous. Le Frère Raphaël, un grand fanal dans la soixantaine avec des lunettes noires à la Robert Bourassa, m'avait dit en français avec son accent mexicain: « 8h38...car je dois tenir compte des autres »...Maintenant 9h42, j'ai fait le tour de tous les courriels, répondu à tous, lu les nouvelles, essayé les trucs sur ce nouveau blog et je suais...pas que je sois pressée d'emménager dans mon 1 et demi du 11e étage de l'édifice Louis Mansion, mais j'avais quelques courses à faire. Deux jours auparavant, j'étais allée déposer quelques choses et la déprime m'avait pogné d'aplomb. La chambre était plus minuscule que dans mon souvenir et les meubles, massifs et...horribles...à la mode thai tout en contreplaqué avec des bordures et des dorures pour donner une allure riche. Je me suis dit: "Je peux pas croire que je vais vivre ici, même 6 mois"...Finalement, j'ai demandé à la manager qui lit en permanence sur son journal d’une main, les yeux collés sur le papier à moins de deux centimètres, en tenant sa lunette dans l'autre, de me sortir le lit queen et la coiffeuse. Elle ne comprenait pas pourquoi je ne les voulais pas, mais m'a envoyé dans la demie-heure deux Thais qui ont démonté le lit et ont moppé le plancher de terrazeau. Merde ! 9h48, alors que je sens monter l’inspiration, le taxi se pointe devant les grilles avec les deux latinos. Je fais la bise rapidement, explique le fonctionnement de l’imprimante avec les cartouches « que l’on doit remplir soi-même avec des seringues d’encre » (mon zèle recyclage et « on sauve de l’argent »avait un peu exaspéré Arlene je crois bien, qui se plaignait que la qualité n’était pas la même. Pas grave faut trouver des façons de se divertir ici, et maintenant j’en ai fait don aux frères.). Je suis allée me « caller » un tuk-tuk au bout de la rue et j’ai négocié en face de la maison. Il faisait la moue et voulait 50baht. J’ai offert les 30 baht. 40 baht top là ! Ce matin, mon petit voisin de 4 ans n’était pas là pour me saluer avec ses mille questions. Notre cher Nompai qui hurlait à s’en arracher les poumons chaque fois qu’il nous voyait ; « Faraaaang pay naaaay » (L’étrangère où vas-tu). Sa grand –mère m’avait poser des questions pour savoir où on s’en allait et mon marchand de poulet frit, bien triste aussi s’était enquéri de mon sort aussi. Ça m’a tellement touchée que j’ai dit que je reviendrais acheter du poulet. Le voisinage était bien sympathique. Même la proprio nous a invité à souper avec les frères Maristes, en signe d’adieu pour nous et de bienvenue pour les frères.
Finalement, dimanche soir, après avoir couru comme une folle un matelas de sol en paille « mode asie », avoir installé le paravent pour me faire une chambre, j’étais très contente de me sentir à mon aise chez moi. Le matelas s’est avéré confortable (et je vais le rapporter au Québec pour quand j’irai squatter kekpart) . Le vent est fort agréable au 11e étage et la vue sur Bangkok magnifique, je dois admettre, bien que je ne me considère pas une fille de ville. J’ai des voisins Thais bord-en-bord, suffit de sourire un peu et de dire Sawatdii kha pour que le caractère amicale et affable des Thai se mette de la partie. J’ai apporté le nécessaire pour cuisiner et bien que la table bleue pliante offre un espace limité, je m’arrange.
Un soir, il est arrivé exactement ce que je craignais ou même, je dirais pire. Vous vous rappelez l’épisode des coquerelles ? Croyant être en sécurité dans mon lit, j’ai découvert que des coquerelles ça peut marcher sur les murs très très haut. Et en plus, ça fait crottes. Depuis ce jour, je suis un peu moins amicale avec elles. En défaisant mes boîtes dans le nouvel appart, j’en ai trouvé deux. La plus grosse, je l’ai écrabouillé de toute mes forces, mais je ne sais où la petite est allée se loger. Donc la nuit, sur mon super nouveau matelas de sol en paille, j’éprouve parfois un léger chatouillement qui sonne le signal d’alarme et rallume l’instinct meurtrier. Mais jusqu’à ce jour que de fausses alarmes. Le pire me guettait. Un soir, je me suis mise à éplucher (ou écailler) mes rambutans. Il y en avait un vert. En ouvrant la coquille, il y avait un ver horrible. Le haut le cœur m’a pris et je me suis mise à imaginer toutes les fois où innocemment j’avais englouti des tonnes de ces fruits suçant le noyau avec une vigueur à user les meilleurs biberons. Je vous le confie, une de mes peurs est le ver solitaire. Quand je me mets à avoir des crises de famine sans raison, j’imagine toujours un ver dans mon estomac qui bouffe tout et ne m’en laisse pas. C’est qu’une fois j’ai lu un article qui disait qu’une femme était constamment affamée et ils ont découvert un ver solitaire de 6 pieds qui avait trouvé refuge dans son système digestif. Comme le ver a la circonférence d’un petit doigt (c’est ma mère qui me l’a dit), ils ont mis devant elle une assiette fumante et le verre habitué à tout recevoir a dû se montrer le bout du nez par la bouche de la madame….(wikipédia confirme que c'est une légende urbaine...ouf!).Vous comprenez le drame d’horreur dans ma tête quand je pense à un ver peu importe la sorte, pour moi ils sont tous pareil, à fruits, de terre ou solitaire. De la pointe de mon couteau, j’ai voulu le jeter à la toilette mais je ne le voyais pas dans la bol…finalement je l’ai retrouvé mort sur le sol…fiou. J’ai mangé les rambutans en les suçant tout autant qu’à l’habitude….j’aime tellement manger que j’oublie de petits drames comme ceux-ci.
Je n’ai pas parlé de Jésus. Ni de mission. Pourquoi ? Rien de spécial à signaler. Nous sommes allé au Cambodge pour notre réunion régionale et ça a fait du bien de voir la bette de tout le monde. En octobre j’irai une semaine à Mae Sot et une autre à Chiang Mai afin de compléter mon discernement en visitant des projets et voir les possibilités. Il faudrait que je sois en mesure de me positionner pour fin octobre afin d’amorcer le processus du permis de travail. Donc priez pour moi et demandez à Dieu d’être clair (des fois je suis un peu lente) et d’essayer de respecter l’agenda.
À bientôt, Andrée