mardi 1 décembre 2009
mardi 3 novembre 2009
Comment les enfants changent le monde...
Pendant mon deux semaines de discernement, j’ai eu la chance de rencontrer des gens intéressants qui peuvent parfois avoir l’air des anges sur la route. Quand j’étais à Chiang Mai, nous nous sommes rendus avec Elizabeth, la directrice de Wildflower Home pour rencontrer l’évêque. Susan, une missionnaire laïque Canadienne (Scarborough), Olga, missionnaire laïque Philipina (PCLM) et Billy missionnaire laïque Américain pour les Maryknolls, tout comme Elizabeth, se sont joints à nous. Le but était de faire connaître à l’évêque la présence laïque et comment avoir son appui dans leur projet respectif. Billy et sa femme Kathleen sont en Thaïlande depuis 15 ans. Ils ont deux filles qui ont grandi ici. Elles ont le corps d’occidental mais le cœur oriental, dit-on. Billy s’est mis à nous raconter l’histoire de Baan Phonsawan. Baan Phonsawan signifie maison des talents ou encore mieux maison du résultat du ciel (phon=résultat ou effet et sawaan =ciel dans le sens paradis). Mon amie Erica qui a été ma formatrice au CIFM y a été impliquée 4 ans. Kathleen et Billy étaient impliqués auprès des tribus des montagnes qui ici n’ont aucun droit et ne sont pas reconnus comme citoyens Thaïs, donc par conséquent ne peuvent pas avoir un vrai travail, ce qui les maintient dans la pauvreté. Comme ils sont pauvres, ils n’ont pas l’argent nécessaire pour aller étudier très longtemps (rarement au-delà de la 6e année du primaire). Il y a plus ou moins 15 ans, Kathleen et Billy était à ramasser de l’argent afin de créer une fondation qui aiderait ces enfants des tribus à avoir accès à l’éducation.En Chine, pendant ce temps là, il y avait un petit garçon de 7 ans atteint du cancer. Il ne lui en restait pas long à vivre. Il était inscrit à la fondation : « Make a wish » qui permet aux enfants en phase terminal de réaliser un dernier vœu. Ce petit garçon avait été accepté par la fondation et était sur le point de partir pour le Japon pour vivre l’expérience Walt Disney. Il a vu un reportage à la télé qui parlait des enfants des tribus des montagnes en Thaïlande qui n’avait pas accès à l’éducation. Il s’est mis à réfléchir et s’est trouvé privilégié de toujours avoir pu étudier bien que côté santé il ait été plutôt malchanceux. Bref, il a pris sa bourse de 10 000$ et son vœu est devenu celui d’aider d’autres enfants comme lui. Qui dit mieux?
Par d’autres levées de fonds, Kathleen et Billy ont amassé un autre 15 000$ et ont pu fonder Baan Phonsawan. Aujourd’hui la maison est dirigée par des sœurs. Billy et Kathleen repartiront aux US l’an prochain parce que leur groupe missionnaire (Maryknolls Lays Missioners)qui a été trop affecté par la crise économique a choisi de ne maintenir qu’un pays de mission dans le Sud Est asiatique soit le Cambodge. Ou seront-ils appelés à servir? Missionnaire un jour, missionnaire toujours!
Ou est mon appel?
J’ai finalement choisi de m’impliquer à la Maison Wild Flower à Chiang Mai auprès des mères célibataires. Elles vont y passer environ 6 mois à 1 an pour projet ou elles développent des habiletés au travail(jardinage, couture, ordi,artisanat,etc) et aussi une estime personnelle. Elles parlent presque toutes thaï malgré leur différence provenance : tribus des montagnes, réfugiées Birmanes ou Laotienne, et Thaïes. L’assistante directrice est Thaïe et m’aidera en ce qui concerne les liens avec les organismes gouvernementaux. Je serai en charge du counseling individuel et de groupe. La maison est situé en pleine nature à 12 km de Chiang Mai et pleinement écologique. J’y vivrai la semaine et la fin de semaine ou certains soirs je retournerai en « ville » (2000 habitants) pour continuer mes études de thaï ou faire des activités telle que l’escalade…(eh oui j’ai enfin trouvé deux centres d’escalade) et des possibilités hors de la ville pour activités-nature. Il y a plusieurs communautés religieuses impliquées à Chiang Mai et principalement avec les tribus des montagnes. Possiblement parce que ce sont les sans-droits tout comme les réfugiés le sont. Toutefois à part l’autre projet à Pakkret avec les enfants des slums que je zieutais et quelques autres avec des personnes impliqués avec les handicapés Thaïs, il semble difficile d’entrer dans le cœur profond d’un Thaï malgré l’apparence toujours amicale et joviale. On dit qu’il est difficile d’avoir un véritable ami Thaï et ce même après 10 ou 20 ans. Il semble que les premiers missionnaires débarqués il y a plus de 350 ans ont fini en steak haché (après vérfication il semblent que ce soient les gentils Birmans qui ont faits le coup et pas les gentils et pacifiques Thais). Pourtant François Xavier, patron des missions, avait intuitionné le Royaume du Siam comme une de ses prochaines missions. Il est malheureusement décédé avant. Alors comme vous voyez il me reste des tonnes de choses à découvrir et c’est exactement pour ça que je vais là bas.
Si ça vous dit de faire comme ce petit garçon pour Noel, juste à cliquer sur le lien à votre droite pour Wild Flower Home et vous pouvez faire un don en ligne. Gros merci!
Bon temps des fêtes...j'avoue que le ragoût de boulettes et les tourtières commencent à me manquer!
dimanche 1 novembre 2009
Sauvez Thyvia!
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Plus tard, Mel, une partenaire laïque Philipina m’appelle pour être sûre que j’ai la nouvelle. Elle va régulièrement au Centre de détention pour immigrants pour visiter tous ces prisonniers traités comme des criminels alors qu’ils sont des victimes. Ils ont quitté un pays ou ils craignaient pour leur vie et ici on les emprisonne. J’ai rapidement acheté des effets personnels (shampoo, savon, serviettes hygiéniques) et une carte d’appel pour téléphone publique à lui remettre. Les prisons de Thaïlande n’ont rien à voir avec nos prisons canadiennes (louez Bridget Jones 2). Et je me suis dit que je vais communiquer avec elle toutes les semaines à défaut de pouvoir aller la visiter (les visites sont à 11h et je suis à l’école) et je lui laissée un bloc-note et un stylo reçu de l’évêque de Chiang mai pour qu’elle me fasse savoir comment elle va via Mel(j’espère que la bénédiction épiscopale va lui porter chance). Mel m’a confirmée qu’ils étaient passés en cours et que pour sortir ils devaient payer 5000 baht (160$) par personne ce qu’ils n’ont pas. Ils sont 100 femmes et enfants dans une cellule d’environ 8m x 8m et trois toilettes thaïes (assis en ti bonhomme). Les questions ont commencé : « Peut-être que je devrais manquer l’école et aller la voir » « Si je regarde bien mes économies peut-être que je pourrais faire libérer Thyvia et ses sœurs, mouais, mais pourquoi elles plus que d’autres? Juste parce que je les connais? Oui mais Jésus ne me demande pas de sauver tout le monde, mais peut-être juste une personne. Qu’est ce que je dois faire? ». Je suis encore à méditer là-dessus et pendant ce temps toutes les semaines, je fais parvenir un petit quelque chose pour la soutenir.
La semaine d’ensuite, son copain (secret : ses parents ne sont pas au courant, vous bous rappelez) et son frère sont venus me jaser. Ils ne peuvent aller visiter la famille puisqu’ils risquent d’être arrêtés eux aussi. Ils m’ont informée que la mère de Thyvia s’est rendue d’elle-même aux autorités policières ne voulant pas laisser seule ses 4 filles. Mon collègue Thai ayant travaillé longtemps au Centre de Détention me dit que parfois ils seront envoyés plus rapidement dans un pays d’accueil suite aux pressions des Nations Unies sur ces pays (Canada, Australie, États-Unis, etc) puisque leurs droits humains sont bafoués. Plus vite, ça veut dire au minimum 2-3 ans au lieu de 5 ou 10, peut-être. Donc mon dilemme concernant leur libération devenait encore plus embêtant. Mon amie Sushil, avocate en droits humains et volontaire pour l’organisme Asylum Access, m’a confirmé ces faits de même que même si on avait l’argent pour les faire libérer, la police refuserait, une histoire de quotas.
Ces arrestations ont eu lieu le 20 octobre, trois jours avant le début du sommet de l’ASEAN. Il fallait faire le grand ménage avant de recevoir la visite. L’ASEAN qui est supposé favoriser le développement social et les droits humains dans les pays du Sud-Est asiatique. Toutefois il semble que lorsque les gens de l’Occident ont jeté un coup d’œil à cette entente, rien n’était clair et pour cause. Imaginez, le Myanmar qui accuse la Thaïlande de maltraiter les réfugiés qu’il a créé dans son propre système, ou la Thaïlande qui accuse le Cambodge de trafic humain alors que des Thaïs vont chercher des personnes estropiées par l’explosion de mines anti-personnel au Cambodge pour les faire quêter sur la rue, ou pour du tourisme sexuel pour ceux qui ne sont pas estropiés. Tous ont un ti kekchose à se reprocher et personne n’est prêt à reconnaître que ce qu’ils font n’a pas d’allure. Je n’ai pas vu d’article en lien avec l’arrestation massive des refugiés. On était plus préoccupé à savoir si les chemises rouges allaient encore foutre le bordel lors du sommet de l’ASEAN prise 2. Ils supplient toujours le roi d’accorder le pardon à Thaksin (qui doit faire deux ans de prison pour corruption). Et comme le roi, c’est important ici, on est assez préoccupé et on ne veut un autre coup d’état bien sûr.
Je vous demande de prier pour Thyvia et sa famille.
Pour ma part, j’ai pris ma décision pour mon engagement mais j’attends la confirmation avec mon supérieur, donc patience!!
Andrée
mercredi 30 septembre 2009
Crier à tue-tête
Drame à Wat Prok
À travers toute ma chance pour poursuivre mon engagement à Wat Prok, il m’a été donné de rencontrer à l’école de langue, Sarah, une grande Allemande de 26 ans. Sarah est arrivée en avril dernier afin de venir étudier l’art thaï, après avoir terminé en Allemagne son bac en art et un certificat en pédagogie. Depuis son arrivée ici, Sarah vivait bien des déceptions dans ses relations avec les autres étudiants Thaïs. Car bien que les Thaïs soient très amicaux au premier abord, ils sont champions pour parler de la pluie et du beau temps sans jamais en profondeur ce qui limite la relation d’amitié selon notre point de vue de farang. Toucher un sujet en profondeur revient à vouloir faire sa vie compliquée et ça les Thaïs n’y tiennent absolument pas s’acharnant à être « sabay sabay », « sanuk » (to enjoy), « mii kwaamsuk »(avoir du plaisir). Dans le même ordre d’idée j’ai accepté de jouer la game avec une de mes profs lui demandant de me polir les ongles comme les siens juste pour voir le plaisir que ça lui procurait…en plus de le faire en secret, c’était la totale. Donc, notre chère Sarah qui voulait établir des relations interpersonnelles profondes et qui a de grandes questions existentielles ne trouvait pas chaussure à son pied. De plus, elle a fini par être presque dégoûtée de constater que les Thaïs ne sont pas valoriser à créer des trucs originaux, burlesques ou grotesques, mais bien à « copier et imiter »….on ne vend pas que des copies de films et de vêtements de marque « farang » sur la rue pour rien. Un jour je me suis mise à penser à ce que je ferais à Wat Prok jusqu’en décembre sentant mon inspiration en chute libre. Sarah m’est apparue. Quand je l’ai rejointe pour aller souper la première chose qu’elle m’a lancé était : « Je voudrais faire quelque chose pour aider avant de partir. » J’ai dit : « Bienvenue à Wat Prok ». Sarah n’en pouvait plus d’avoir des idées…que je trouvais peut-être un peu trop grandiose pour les gars de Wat Prok….je trouvais aussi le budget un peu grandiose. « May pen lay »(c’est pas grave), je me suis dit on tente le tout pour le tout d’autant que jusqu’à maintenant les arts plastique offerts étaient sous leur capacité réelle. Sarah avait décide leur faire faire des objets volants avec de la broche à poule à couvrir avec du papier journal. Première semaine, ils se sont pas mal débrouillés après avoir passé un certain temps à tripoter la broche et les cutters. Deuxième semaine, je n’en ai pas eu vent puisque j’étais au Cambodge. Troisième semaine, alors que j’étais dans le bus en route vers le Centre des Réfugiés de Bangkok, Sarah me texte et m’appelle. Une des profs thaïe fait de même. Je rappelle sentant le drame. Comme de fait elle était en larmes. En hoquetant, elle m’explique que la prof lui a dit que les gars ont jeté les œuvres d’arts en construction car ils ne les aimaient pas. Elle m’explique sa vision des choses en faisant plein de parallèle avec la façon de voir et d’éduquer en Allemagne versus ce qu’elle observe en Thaïlande. Il est clair qu’il y a eu un malentendu et ce genre de comportement ne ressemble pas à celui des gars de Wat Prok. Finalement, elle me rappelle plus tard, ayant choisi de ravaler son ego d’artiste blessé et de rester avec les gars. Ils sont venus la rejoindre et ont recommencer la construction quand Sarah a finalement compris que la farine de riz, c’est pas génial pour le papier mâché et qu’ils ont dû aller chercher une autre sorte de farine. J’avais fait la même erreur avec les masques sur ballon. En allant à Wat Prok, la conversation avec les profs Thaies ont commencé par des excuses de part et d’autres, Khruu Saa était mal et je l’étais aussi. En jasant, j’ai compris que ceux qui avait décidé de jeter les « œuvres d’arts déflaboxés par la pluie » étaient ceux en charge du ménage et avaient crû bien faire puisque c’était un peu le bordel. On a eu un bonne jase et j’ai constaté que mon thaï était pas mal et je devais traduire régulièrement à Sarah ce qui se passait. On a repris ça avec les gars et le point était que s’ils veulent conserver quelque chose ils doivent trouver une façon de le préserver. On a mis une petite affiche devant les œuvres à sécher cette après midi là : Défense de jeter(Hââm ting)! Regarder avec les yeux pas avec les mains (duu kap taa may chay kap muu). J’ai vu dans les yeux des gars combien ils étaient contents et réconfortés de mon retour alors que je faisais un mon petit speech. Je ne savais pas jusque là quel genre de relation j’avais créé avec eux et les profs à ce jour. Avec les gars, j’ai senti leur attachement et leur fidélité, avec les profs une nouvelle complicité est née. Ce que j’ai su par la suite, c’est que Sarah avait vraiment fait une scène et ne s’était pas excusé….et je sentais que c’était difficile de reprendre ça avec elle, la sentant un peu fermée. C’est un autre de mes apprentissages ici. Si chez nous on fonce dans le tas pour régler un problème, ici j’ai appris à apprendre le bon moment…ce qui peut être long et qui confronte a d’autre farang leur donne l’impression qu’on ne règle pas les problèmes…on les règle mais quand la personne est prête à entendre.
Crier à tue-tête
Dans un autre d’idée, j’apprends à connaitre la vie a Louis Mansion, l’édifice ou je vis. Peu de temps après être emménagée, vers 4hres du matin, j’ai entendu les voisins commencer à se chicaner. Un homme et une femme. J’ai essayé de ne pas écouter. Tout a coup il y a avait des coups dans les murs et j’ai compris qu’ils se battaient. Puis j’ai entendu un enfant pleurer. Ça en était trop. Pauvre ti—pit. Était-il battu lui aussi? J’en avais aucune idée, mais l’instinct protecteur en moi s’est allumé et je suis allée en jaquette vers l’appartement des voisins. Il y avait plusieurs femmes Thaïes qui essayaient de maîtriser un homme, probablement saoul. Une d’entre elles tenait l’enfant qui pleurait. Quand elles m’ont aperçue, leur face est tombée et elles ont claqué la porte. Je suis retournée à ma chambre pour appeler le gardien de sécurité qui évidemment ne comprenait pas (et plus tard j’ai compris qu’il ne voulait pas comprendre parce que ici on ne mêle de ce genre de chose). J’ai descendu les 11 étages en trombes et je suis allée le chercher par le collet. Il est venu et les a regardé, puis finalement est redescendu avec cet homme et 2 des femmes. Le lendemain, encore vers 4 hres du matin, 2 des filles se sont mises à se jaser en hurlant, chacune à leur extrémité de corridor. Je suis sortie et leur ai fait signe de se taire. J’en ai reparlé avec ma prof qui m’a conseillé de ne jamais me mêler des affaires de Thaïs qui peuvent très mal réagir. S’ils ont l’air en apparence calmes, souriants et amicaux et il semble qu’ils ont le sens du drame très développé. D’ailleurs ce se voit dans le téléroman quotidien ou dans la même demi-heure, il y a une méchante qui met du poison, une histoire d’amour tirée par les cheveux, des couteaux et de la bataille et le tout très mal acté avec la musique de fond souvent mal ajustée. Il semble que les Thaïs dans la vraie pourrait aussi me faire une petite attaque au couteau…mais bon je ne vais pas vivre ma vie dans la peur. Pour l’instant mes contacts se limitent plutôt à la petite famille d’en face avec Micky, Pun et Fok (leur maman) et les réfugiés Sri Lankais du 12e.
Maintenant c’est vrai, je pars 2 semaines en discernement : projets avec les enfants des slums à Pakkret ou Maison Wild Flower avec les mères-célibataires à Chiang Mai. Priez pour moi.
À travers toute ma chance pour poursuivre mon engagement à Wat Prok, il m’a été donné de rencontrer à l’école de langue, Sarah, une grande Allemande de 26 ans. Sarah est arrivée en avril dernier afin de venir étudier l’art thaï, après avoir terminé en Allemagne son bac en art et un certificat en pédagogie. Depuis son arrivée ici, Sarah vivait bien des déceptions dans ses relations avec les autres étudiants Thaïs. Car bien que les Thaïs soient très amicaux au premier abord, ils sont champions pour parler de la pluie et du beau temps sans jamais en profondeur ce qui limite la relation d’amitié selon notre point de vue de farang. Toucher un sujet en profondeur revient à vouloir faire sa vie compliquée et ça les Thaïs n’y tiennent absolument pas s’acharnant à être « sabay sabay », « sanuk » (to enjoy), « mii kwaamsuk »(avoir du plaisir). Dans le même ordre d’idée j’ai accepté de jouer la game avec une de mes profs lui demandant de me polir les ongles comme les siens juste pour voir le plaisir que ça lui procurait…en plus de le faire en secret, c’était la totale. Donc, notre chère Sarah qui voulait établir des relations interpersonnelles profondes et qui a de grandes questions existentielles ne trouvait pas chaussure à son pied. De plus, elle a fini par être presque dégoûtée de constater que les Thaïs ne sont pas valoriser à créer des trucs originaux, burlesques ou grotesques, mais bien à « copier et imiter »….on ne vend pas que des copies de films et de vêtements de marque « farang » sur la rue pour rien. Un jour je me suis mise à penser à ce que je ferais à Wat Prok jusqu’en décembre sentant mon inspiration en chute libre. Sarah m’est apparue. Quand je l’ai rejointe pour aller souper la première chose qu’elle m’a lancé était : « Je voudrais faire quelque chose pour aider avant de partir. » J’ai dit : « Bienvenue à Wat Prok ». Sarah n’en pouvait plus d’avoir des idées…que je trouvais peut-être un peu trop grandiose pour les gars de Wat Prok….je trouvais aussi le budget un peu grandiose. « May pen lay »(c’est pas grave), je me suis dit on tente le tout pour le tout d’autant que jusqu’à maintenant les arts plastique offerts étaient sous leur capacité réelle. Sarah avait décide leur faire faire des objets volants avec de la broche à poule à couvrir avec du papier journal. Première semaine, ils se sont pas mal débrouillés après avoir passé un certain temps à tripoter la broche et les cutters. Deuxième semaine, je n’en ai pas eu vent puisque j’étais au Cambodge. Troisième semaine, alors que j’étais dans le bus en route vers le Centre des Réfugiés de Bangkok, Sarah me texte et m’appelle. Une des profs thaïe fait de même. Je rappelle sentant le drame. Comme de fait elle était en larmes. En hoquetant, elle m’explique que la prof lui a dit que les gars ont jeté les œuvres d’arts en construction car ils ne les aimaient pas. Elle m’explique sa vision des choses en faisant plein de parallèle avec la façon de voir et d’éduquer en Allemagne versus ce qu’elle observe en Thaïlande. Il est clair qu’il y a eu un malentendu et ce genre de comportement ne ressemble pas à celui des gars de Wat Prok. Finalement, elle me rappelle plus tard, ayant choisi de ravaler son ego d’artiste blessé et de rester avec les gars. Ils sont venus la rejoindre et ont recommencer la construction quand Sarah a finalement compris que la farine de riz, c’est pas génial pour le papier mâché et qu’ils ont dû aller chercher une autre sorte de farine. J’avais fait la même erreur avec les masques sur ballon. En allant à Wat Prok, la conversation avec les profs Thaies ont commencé par des excuses de part et d’autres, Khruu Saa était mal et je l’étais aussi. En jasant, j’ai compris que ceux qui avait décidé de jeter les « œuvres d’arts déflaboxés par la pluie » étaient ceux en charge du ménage et avaient crû bien faire puisque c’était un peu le bordel. On a eu un bonne jase et j’ai constaté que mon thaï était pas mal et je devais traduire régulièrement à Sarah ce qui se passait. On a repris ça avec les gars et le point était que s’ils veulent conserver quelque chose ils doivent trouver une façon de le préserver. On a mis une petite affiche devant les œuvres à sécher cette après midi là : Défense de jeter(Hââm ting)! Regarder avec les yeux pas avec les mains (duu kap taa may chay kap muu). J’ai vu dans les yeux des gars combien ils étaient contents et réconfortés de mon retour alors que je faisais un mon petit speech. Je ne savais pas jusque là quel genre de relation j’avais créé avec eux et les profs à ce jour. Avec les gars, j’ai senti leur attachement et leur fidélité, avec les profs une nouvelle complicité est née. Ce que j’ai su par la suite, c’est que Sarah avait vraiment fait une scène et ne s’était pas excusé….et je sentais que c’était difficile de reprendre ça avec elle, la sentant un peu fermée. C’est un autre de mes apprentissages ici. Si chez nous on fonce dans le tas pour régler un problème, ici j’ai appris à apprendre le bon moment…ce qui peut être long et qui confronte a d’autre farang leur donne l’impression qu’on ne règle pas les problèmes…on les règle mais quand la personne est prête à entendre.
Crier à tue-tête
Dans un autre d’idée, j’apprends à connaitre la vie a Louis Mansion, l’édifice ou je vis. Peu de temps après être emménagée, vers 4hres du matin, j’ai entendu les voisins commencer à se chicaner. Un homme et une femme. J’ai essayé de ne pas écouter. Tout a coup il y a avait des coups dans les murs et j’ai compris qu’ils se battaient. Puis j’ai entendu un enfant pleurer. Ça en était trop. Pauvre ti—pit. Était-il battu lui aussi? J’en avais aucune idée, mais l’instinct protecteur en moi s’est allumé et je suis allée en jaquette vers l’appartement des voisins. Il y avait plusieurs femmes Thaïes qui essayaient de maîtriser un homme, probablement saoul. Une d’entre elles tenait l’enfant qui pleurait. Quand elles m’ont aperçue, leur face est tombée et elles ont claqué la porte. Je suis retournée à ma chambre pour appeler le gardien de sécurité qui évidemment ne comprenait pas (et plus tard j’ai compris qu’il ne voulait pas comprendre parce que ici on ne mêle de ce genre de chose). J’ai descendu les 11 étages en trombes et je suis allée le chercher par le collet. Il est venu et les a regardé, puis finalement est redescendu avec cet homme et 2 des femmes. Le lendemain, encore vers 4 hres du matin, 2 des filles se sont mises à se jaser en hurlant, chacune à leur extrémité de corridor. Je suis sortie et leur ai fait signe de se taire. J’en ai reparlé avec ma prof qui m’a conseillé de ne jamais me mêler des affaires de Thaïs qui peuvent très mal réagir. S’ils ont l’air en apparence calmes, souriants et amicaux et il semble qu’ils ont le sens du drame très développé. D’ailleurs ce se voit dans le téléroman quotidien ou dans la même demi-heure, il y a une méchante qui met du poison, une histoire d’amour tirée par les cheveux, des couteaux et de la bataille et le tout très mal acté avec la musique de fond souvent mal ajustée. Il semble que les Thaïs dans la vraie pourrait aussi me faire une petite attaque au couteau…mais bon je ne vais pas vivre ma vie dans la peur. Pour l’instant mes contacts se limitent plutôt à la petite famille d’en face avec Micky, Pun et Fok (leur maman) et les réfugiés Sri Lankais du 12e.
Maintenant c’est vrai, je pars 2 semaines en discernement : projets avec les enfants des slums à Pakkret ou Maison Wild Flower avec les mères-célibataires à Chiang Mai. Priez pour moi.
lundi 31 août 2009
Ça bouge
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Ce matin là, le premier août, j'attendais avec impatience l'arrivée des frères Maristes qui emménageaient chez nous. Le Frère Raphaël, un grand fanal dans la soixantaine avec des lunettes noires à la Robert Bourassa, m'avait dit en français avec son accent mexicain: « 8h38...car je dois tenir compte des autres »...Maintenant 9h42, j'ai fait le tour de tous les courriels, répondu à tous, lu les nouvelles, essayé les trucs sur ce nouveau blog et je suais...pas que je sois pressée d'emménager dans mon 1 et demi du 11e étage de l'édifice Louis Mansion, mais j'avais quelques courses à faire. Deux jours auparavant, j'étais allée déposer quelques choses et la déprime m'avait pogné d'aplomb. La chambre était plus minuscule que dans mon souvenir et les meubles, massifs et...horribles...à la mode thai tout en contreplaqué avec des bordures et des dorures pour donner une allure riche. Je me suis dit: "Je peux pas croire que je vais vivre ici, même 6 mois"...Finalement, j'ai demandé à la manager qui lit en permanence sur son journal d’une main, les yeux collés sur le papier à moins de deux centimètres, en tenant sa lunette dans l'autre, de me sortir le lit queen et la coiffeuse. Elle ne comprenait pas pourquoi je ne les voulais pas, mais m'a envoyé dans la demie-heure deux Thais qui ont démonté le lit et ont moppé le plancher de terrazeau. Merde ! 9h48, alors que je sens monter l’inspiration, le taxi se pointe devant les grilles avec les deux latinos. Je fais la bise rapidement, explique le fonctionnement de l’imprimante avec les cartouches « que l’on doit remplir soi-même avec des seringues d’encre » (mon zèle recyclage et « on sauve de l’argent »avait un peu exaspéré Arlene je crois bien, qui se plaignait que la qualité n’était pas la même. Pas grave faut trouver des façons de se divertir ici, et maintenant j’en ai fait don aux frères.). Je suis allée me « caller » un tuk-tuk au bout de la rue et j’ai négocié en face de la maison. Il faisait la moue et voulait 50baht. J’ai offert les 30 baht. 40 baht top là ! Ce matin, mon petit voisin de 4 ans n’était pas là pour me saluer avec ses mille questions. Notre cher Nompai qui hurlait à s’en arracher les poumons chaque fois qu’il nous voyait ; « Faraaaang pay naaaay » (L’étrangère où vas-tu). Sa grand –mère m’avait poser des questions pour savoir où on s’en allait et mon marchand de poulet frit, bien triste aussi s’était enquéri de mon sort aussi. Ça m’a tellement touchée que j’ai dit que je reviendrais acheter du poulet. Le voisinage était bien sympathique. Même la proprio nous a invité à souper avec les frères Maristes, en signe d’adieu pour nous et de bienvenue pour les frères.
Finalement, dimanche soir, après avoir couru comme une folle un matelas de sol en paille « mode asie », avoir installé le paravent pour me faire une chambre, j’étais très contente de me sentir à mon aise chez moi. Le matelas s’est avéré confortable (et je vais le rapporter au Québec pour quand j’irai squatter kekpart) . Le vent est fort agréable au 11e étage et la vue sur Bangkok magnifique, je dois admettre, bien que je ne me considère pas une fille de ville. J’ai des voisins Thais bord-en-bord, suffit de sourire un peu et de dire Sawatdii kha pour que le caractère amicale et affable des Thai se mette de la partie. J’ai apporté le nécessaire pour cuisiner et bien que la table bleue pliante offre un espace limité, je m’arrange.
Un soir, il est arrivé exactement ce que je craignais ou même, je dirais pire. Vous vous rappelez l’épisode des coquerelles ? Croyant être en sécurité dans mon lit, j’ai découvert que des coquerelles ça peut marcher sur les murs très très haut. Et en plus, ça fait crottes. Depuis ce jour, je suis un peu moins amicale avec elles. En défaisant mes boîtes dans le nouvel appart, j’en ai trouvé deux. La plus grosse, je l’ai écrabouillé de toute mes forces, mais je ne sais où la petite est allée se loger. Donc la nuit, sur mon super nouveau matelas de sol en paille, j’éprouve parfois un léger chatouillement qui sonne le signal d’alarme et rallume l’instinct meurtrier. Mais jusqu’à ce jour que de fausses alarmes. Le pire me guettait. Un soir, je me suis mise à éplucher (ou écailler) mes rambutans. Il y en avait un vert. En ouvrant la coquille, il y avait un ver horrible. Le haut le cœur m’a pris et je me suis mise à imaginer toutes les fois où innocemment j’avais englouti des tonnes de ces fruits suçant le noyau avec une vigueur à user les meilleurs biberons. Je vous le confie, une de mes peurs est le ver solitaire. Quand je me mets à avoir des crises de famine sans raison, j’imagine toujours un ver dans mon estomac qui bouffe tout et ne m’en laisse pas. C’est qu’une fois j’ai lu un article qui disait qu’une femme était constamment affamée et ils ont découvert un ver solitaire de 6 pieds qui avait trouvé refuge dans son système digestif. Comme le ver a la circonférence d’un petit doigt (c’est ma mère qui me l’a dit), ils ont mis devant elle une assiette fumante et le verre habitué à tout recevoir a dû se montrer le bout du nez par la bouche de la madame….(wikipédia confirme que c'est une légende urbaine...ouf!).Vous comprenez le drame d’horreur dans ma tête quand je pense à un ver peu importe la sorte, pour moi ils sont tous pareil, à fruits, de terre ou solitaire. De la pointe de mon couteau, j’ai voulu le jeter à la toilette mais je ne le voyais pas dans la bol…finalement je l’ai retrouvé mort sur le sol…fiou. J’ai mangé les rambutans en les suçant tout autant qu’à l’habitude….j’aime tellement manger que j’oublie de petits drames comme ceux-ci.
Je n’ai pas parlé de Jésus. Ni de mission. Pourquoi ? Rien de spécial à signaler. Nous sommes allé au Cambodge pour notre réunion régionale et ça a fait du bien de voir la bette de tout le monde. En octobre j’irai une semaine à Mae Sot et une autre à Chiang Mai afin de compléter mon discernement en visitant des projets et voir les possibilités. Il faudrait que je sois en mesure de me positionner pour fin octobre afin d’amorcer le processus du permis de travail. Donc priez pour moi et demandez à Dieu d’être clair (des fois je suis un peu lente) et d’essayer de respecter l’agenda.
À bientôt, Andrée
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